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Esprit Bio

Chaque mois, retrouvez ici mon blog Esprit Bio : Des sujets sur le jardinage bio, la nature mais aussi sur la consommation responsable. Toutes vos réactions, remarques, suggestions sont les bienvenues.

Un peu de sauvagerie dans ce monde de brutes (décembre 2012)

Prunus subhirtella autumnalis

En descendant les marches de l'Arche de la Défense, dos au Parvis, commencent les jardins de l'Arche (Conception Gilles Clément/ Guillaume Geoffroy Dechaume). En contrebas d'une bretelle d'autoroute jamais construite, ce jardin est l'arche de Noé d'une nature niée alentour. L' arbre en fleur au coeur de l'hiver est un Prunus subhirtella autumnalis.

Plusieurs études ont démontré que la proximité d'un espace vert est bénéfique à la santé des usagers (lire La ville-nature / CNRS Sagascience). Comment imaginer que travailler dans un environnement essentiellement minéral et aseptisé telle la grande dalle de la Défense, n'ait pas une incidence négative sur le bien-être et la productivité de salariés coupés de tout lien avec la nature. Heureusement, ce lien si bénéfique peut être restauré : Plantes vertes sur le bureau, jardinage le week-end ou pause-déjeuner buccolique. Bonne promenade !

Tout bois prend racine (novembre 2012)

Cercidiphyllum japonicum dit Arbre Caramel (Arboretum Paris 2006)

A la Sainte Catherine, tout bois prend racine. Cette maxime bien connue rappelle que la bonne période de plantation des arbres et des arbustes démarre le 25 novembre, faut-il le préciser, hors période de gel. Mais quel jardinier pourrait être assez fou, pour jardiner en période de gel ?

Une plantation est toujours un stress. Comme pour signaler son mécontentement, la plante marque un arrêt dans son développement. Lorsque elle a lieu en période de repos végétatif (de novembre à février-mars), la plante n'aura qu'une préoccupation : Restaurer ses racines. Elle s'ancre dans le sol, produit de nouvelles racines pour remplacer celles abîmées lors de la plantation, donne le temps aux micro-organismes qui gravitent autour de ses racines et l'aident à se nourrir, de se développer. Pour permettre à la plante à se concentrer sur la production de ses racines, on hésite pas, lors de la plantation, à l'amputer d'un bon tiers de ses branches. La perte sera vite rattraper par un végétation vigoureuse dès le printemps. Respiration, photosynthèse, production de feuilles, fleurs et fruits, toutes ces productions épuisantes mais gratifiantes des beaux jours, viendront en leur temps pour peu que les racines aient eu le temps de s'installer l'hiver. Bonnes plantations !

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Du chlordecone dans mon compost ? (octobre 2012)

Feuilles de bananier

Chlordecone : Déjà avec un nom pareil, on aurait dû se méfier. Pesticide utilisé massivement dans les bananeraies du monde entier depuis les années 50, le "chlore déconne" ! Interdit depuis 1976 aux USA, il a gravement pollué les sols des Antilles et pour longtemps, avant d'y être interdit en 1993 (Les institutions françaises prennent tout leur temps). Il est très néfaste pour la santé des habitants. Peu soluble dans l'eau, le chlordecone persiste dans les sols pendant plus de 20 ans. Paradoxe : Il est plus présent dans les cultures "à raz du sol" comme la patate douce, l'igname que dans les bananes. Il est donc conseillé d'éplucher les légumes avant de les consommer. La mise au compost d'épluchures imbibées d'insecticides potentiellement nocifs pour les êtres vivants qui l'habitent, explique peut-être les à-coups observés parfois dans le processus de dégradation de certains composts. La pomme , second fruit le plus consommé en France après la banane est aussi largement traitée aux insecticides : En moyenne par an, une trentaine de fois. Pensez-y la prochaine fois que vous jetez des épluchures de pommes non-bio. Que le scandale du lointain chlordecone ne soit pas l'arbre qui cache la forêt des insecticides plus proches de nous (classement des fruits les plus contaminés).

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Faits comme des rats (septembre 2012)

Maïs

Une étude sur les rats nourris au maïs transgénique, semble indiquer que ces rats développeraient plus de cancers que ceux nourris au maïs classique. Ces résultats, qui nécessitent urgemment des études contradictoires (Le Monde) jettent la suspicion sur l’innocuité de plantes OGM que nous mangeons tous les jours souvent sans le savoir (Avec ou sans OGM). Mais le plus inquiétant, c'est la façon secrète dont cette étude a dû été conduite. Les chercheurs ont subi de telles pressions pour que cette étude ne se fasse pas, qu'ils ont dû cacher l'objet même de leurs recherches. Voilà nos chercheurs de vérité, obligés de ruser avec les lobbys et le manque d'argent pour forcer les pouvoirs publiques à initier des recherches sur l'impact des plantes OGM sur la santé. On peut souhaiter qu'il y ait aussi une réflexion en profondeur sur le fonctionnement des organismes de contrôles sanitaires qui semblent plus organiser la non-connaissance (Corinne Lepage) que veiller à la santé publique. Pris entre la puissance de feu d'une entreprise comme Monsanto, qui manipule le pouvoir politique pour des raisons économiques et la stratégie de chercheurs pour orienter des recherches, nous sommes des spectateurs impuissants, faits comme des rats !

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Artifices (août 2012)

Orange mécanique

Certes lorsqu'on ne dispose que d'un balcon comme espace de verdure, il est indispensable de recourir à l'artifice de jardinières en plastique, voire même de fausse terre pour disposer ses plantes. Mais quand on a la chance de disposer d'un petit bout de terrain, n'est-ce pas triste de le voir réduit à peau de chagrin par tous ces artifices devenus si communs au jardin : Terrasse en teck, chemin en gravillon, gazon synthétique, mais aussi cabanon obèse, mini-serre et piscine envahissante. Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, le jardin « Orange mécanique » met en scène l'absurdité d'une production agricole hors raison et hors saison de l'orange en présentant une immense toile orange verticale en forme de pelure. D'oranges sur un oranger, point. Dénoncer la nature devenue artificielle en lui accordant une vitrine supplémentaire, c'est malin. Le jardin est moche et déprimant à souhait mais le but atteint. Faisons en sorte que nos jardins ne lui ressemblent pas.

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La Bagasse des Antilles (mai 2012)

La Bagasse des Antilles

Chaque région agricole a ses sous-produits végétaux spécifiques. Certains sont utilisés pour la fabrication de produits alimentaires, d'autres à l'alimentation du bétail ou servent d'engrais ou de couverture végétale pour le paillage. Ainsi, dans les régions viticoles, on utilise le moult de raisin pour la production de vinaigre et le marc de raisin pour celle d'eau de vie. Dans les régions betteravières, on nourrit le bétail avec la vinasse de betterave, à moins qu'on ne l'épande comme engrais dans les champs. En Picardie, grande région productrice de lin, les résidus donnent un paillage blanc durable, la paillette de lin. La culture du chanvre, autrefois essentiellement concentrée en Poitou-Charentes, même si elle a aussi laissé des traces dans le nom d'une ville du Val-de-Marne comme Chennevières-sur-Marne, produit un paillage doux au toucher.

Mais la palme de la douceur doit être accordée à la bagasse, le résidu fibreux de la canne à sucre. Si elle est encore utilisée comme litière pour les chevaux et le bétail ou dans l'industrie papetière pour la douceur du papier obtenu, ce ne sont pourtant pas ses seuls usages. Aux Antilles, elle permet de créer des panneaux utilisés dans l'ameublement, appelés bagapan, de la vaisselle jetable et devient une bio-énergie de plus en plus valorisée. Mais pour le jardinier amateur, la bagasse reste avant tout une merveilleuse protection pour les sols et un apport appréciable pour le compost.Retour vers le haut de page


Succédané (avril 2012)

Terreau

Le terreau est à la terre végétale, ce que la chicorée est au café : un succédané, un produit de remplacement.

Les terreaux sont nommés pudiquement des "supports de culture". Ils permettent aux racines des plantes de trouver des conditions de culture correctes à défaut de terre végétale, dans laquelle elles se développent normalement. Les terreaux sont essentiellement composés de tourbe blonde, cette matière carbonnée fibreuse jaune clair, sans aucun minéral, ni humus, les deux nourritures des plantes. Bien que les tourbières s'épuisent rapidement, la tourbe reste une matière lègère et bon marché. Sur cette base neutre, on ajoute selon les recettes, un peu de compost, souvent quelques engrais chimiques et des boues d'épuration pour obtenir la couleur noire des terreaux. Mais qui a envie de remplir ses jardinières aux dépends de tourbières sur-exploitées, aux bénéfices de la pétrochimie et des usines de retraitement des eaux usées? Non vraiment, préférez quand vous le pouvez, la terre de jardin originale à sa copie artificielle.

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Faisons un jardin merveilleux (mars 2012)

Pelouse pelée

Faisons un rêve : Toutes ces pelouses pelées aux pieds des immeubles sont remplacées par des jardins luxuriants. Les habitants eux-mêmes prennent le loisir de s'en occuper. Au fil des saisons, enfants, jeunes et vieux, chômeurs, personnes isolées, travailleurs stressés se retrouvent pour prendre leur jardin partagé en main. Ce rêve est à la portée de tous les bailleurs sociaux et de chaque locataire. Car à quoi bon dépenser des fortunes en rénovation, parfois même en démolition d'immeubles, si le carré de pelouse du bas de ces immeubles reste livré au pietinement des uns et aux chiens des autres. L'association Graine de Jardinier s'est organisée pour proposer un accompagnement des acteurs de cette transformation. Faisons ensemble ces jardins merveilleux.

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Les fruits d'Amazonie (janvier 2012)

fruits d'Amazonie

La déforestation en Amazonie a eu pour curieuse conséquence, la découverte de plus de 200 fruits jusqu'ici totalement inconnus dans le monde. A peine une dizaine d'entre eux sont cultivés et commercialisés sous forme de jus de fruits frais au Brésil. En Europe, on les trouve encore trop souvent sous forme de poudre ou de gélules. C'est bien dommage, car ils sont pour la plupart délicieux sauf à mon goût l'acaï (Euterpe oleracea) qui a la vilaine particularité d'être très gras. Les supérettes bio en France proposent encore ces fruits comme des compléments alimentaires en vantant leurs vitamines ou leurs pouvoirs antioxydants (Fruits contaminés/ fruits jetés/ fruits bio). Au Brésil, l'abiu (Poutertai caimito), l'acérola (Malpighia glabra), le bacaba (Oenocarpus bacaba), le bacuri, le camu camu (Myrciaria dubia), le Cupuaçu (Theobroma grandiflorum), le guarana (Paullinia cupana), le murici (Byrsonima crassifolia) ou le Uxi (Endopleura uchi) font déjà partie de la culture tout simplement parce qu'ils ont bon goût.

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